Jacques Burrus (Délices d’Alsace)
Brigitte Kempf (Transports Kempf)
Daisy Beyer (Hobecom)
Isabelle Welsch (Moulin Becker-Burgraff)
Jean Kircher (Moulins Kircher)
Jean Reeb (Agence immobilière du Kochersberg)
Pierre Kister (Kister Hyperburo Alsace)
Sébastien Kriloff (Kriloff Immobilier)
Stéphane Schaal (président de la Communauté de communes du canton d’Erstein)
Tomy Beyer (Assurances Beyer)
Wolfgang Beyer (IEC Beyer Group)

A monsieur le président de l’ADIRA
125, Avenue d’Alsace
68000 COLMAR

Le 29 janvier 2021.

Objet : Utilisation de la marque Alsace par une institution politique en violation de la convention de partenariat

 

Monsieur le président,

Partenaires de la marque Alsace, nous affichons, en conformité avec la convention de partenariat, le logo « Acoeur ». La marque Alsace constitue un atout précieux pour valoriser notre savoir-faire et nous sommes fiers de l’utiliser pour montrer notre attachement à l’excellence alsacienne en matière de commerce et d’artisanat.

Nous vous écrivons afin de partager notre inquiétude quant à l’adoption dudit logo par la future Collectivité Européenne d’Alsace (CEA), par exemple sur les plaques minéralogiques. En effet, la CEA est une institution politique et son logo sera inévitablement perçu, avec raison, comme un symbole politique et donc employé, voire détourné, lors des divers débats démocratiques et autres campagnes électorales. Le logo fait d’ailleurs d’ores et déjà l’objet d’une utilisation massive par des élus et des collectivités dans des campagnes de communication qui sont manifestement de nature politique.

Soutenir, comme on nous l’a dit, que la CEA ne serait pas un objet politique parce que c’est une collectivité publique est un contresens. C’est justement parce qu’elle est une collectivité publique qu’elle est de nature politique, comme par exemple les départements.

Une marque destinée à être un instrument de publicité commerciale et touristique devient ici un outil de propagande politique. Ce mélange des genres va totalement à l’encontre des objectifs affichés et des finalités dont la pertinence est démontrée par le formidable succès de ce logo. Mais ce n’est pas une raison pour des responsables politiques de s’en emparer pour faire avancer leurs intérêts, certes légitimes mais d’une autre nature, qui seront nécessairement perçus avec des connotations différentes en Alsace même et dans d’autres régions – nous pensons par exemple à la Lorraine et à la Champagne.

Nous comprenons parfaitement que les gestionnaires de la marque, qui sont sous l’autorité des élus politiques défendent l’argumentation de ceux-ci. Mais alors il faut alors réécrire la convention de partenariat.

Car cette utilisation par la CEA est clairement contraire aux finalités de cette marque et aux obligations du partenaire, en particulier à celles figurant à l’article 4.2 de la convention :

« 4. Le Partenaire s’interdit d’utiliser la Marque partagée ALSACE à des fins politiques, religieuses, syndicales, militantes ou contestataires ou à toute autre fin de nature à induire en erreur le public sur la nature, les caractéristiques et les valeurs de la Marque partagée Alsace. Il s’engage à ne pas faire un usage de la Marque partagée Alsace qui pourrait heurter la sensibilité du public ou être contraire à l’ordre public ou aux bonnes mœurs. Il s’engage à ne nuire ni à la Marque partagée Alsace, ni à ses valeurs de quelque manière que ce soit. »

L’Alsace dispose de symboles du domaine public, tels son blason ou drapeau historique, qui peuvent être librement portés par les collectivités territoriales et sont davantage associés à son histoire et à sa vocation.

Nous, partenaires de la marque Alsace, voulons continuer à utiliser la marque Alsace dans l’esprit pour lequel elle a été créée en 2012, rassembleuse et indépendante de toute démarche politique.

Ne doutant pas de la volonté de la CEA de faire rayonner l’Alsace, nous demandons que la CEA se dote d’un visuel propre et renonce au « Acoeur » afin d’éviter un mélange néfaste entre image commerciale et politique.

En comptant sur votre attention et votre grand professionnalisme et en remerciant chaleureusement l’ADIRA pour son travail au service de nos entreprises.

Veuillez agréer, monsieur le président, l’expression de nos salutations les meilleures.

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Vous êtes bénéficiaire du logo « A Cœur » et vous ne souhaitez pas que notre marque commerciale
soit partagée et confondue avec la Collectivité européenne d’Alsace, institution politique ?